Un docteur comme citoyen de l'année

Publié à 0h00 le jeudi 11 mars 2010
A9

SAINT-QUENTIN - Comme le veut la tradition annuelle, la Société du patrimoine de Saint-Quentin a choisi d'honorer un citoyen pour son dévouement à cette communauté du Restigouche-Ouest. En 2010, le regroupement a décidé de rendre hommage au docteur Bernard Savoie. Cette nomination revêt un cachet particulier, la Ville de Saint-Quentin célébrant ses 100 ans d'existence cette année.

Né à Balmoral en 1927, Bernard Savoie s'est installé à Saint-Quentin avec sa famille peu de temps après sa naissance. Décidant de suivre un cours classique au Collège Sacré-Cœur de Bathurst, celui-ci a traversé ensuite en sol québécois afin de compléter un doctorat en médecine à l'Université de Montréal. Amorçant sa carrière dans ce domaine au printemps 1954, il fut tout d'abord médecin de campagne à Grande-Anse avant de revenir pratiquer son travail dans sa terre d'adoption pendant plus d'une quarantaine d'années.

«Lorsque j'étudiais à Bathurst, il y a eu une épidémie de scarlatine et j'ai aimé prendre soin des autres. C'est une passion qui m'a habité toute ma vie. On peut dire que je suis chanceux, car même rendu à mon âge (82 ans), je possède une bonne santé. À Grande-Anse, il n'y avait jamais eu de médecin qui était resté sur place. Cet emploi ne répondait pas vraiment à mes attentes. Quand le Dr Claude D'Amours est parti de l'hôpital de Saint-Quentin, il a fallu prendre une décision rapidement", de dire Bernard Savoie.

La médecine est une affaire de couple pour ce disciple d'Esculape aux racines nordiques. C'est à Saint-Quentin qu'il rencontre Solange Charron, Québécoise originaire de Saint-Constant avec qui il convolera en justes noces le 18 août 1952. Infirmière de profession, elle a épaulé son mari dans ses tâches médicales à l'hôpital et à la maison. Malgré qu'ils aient eu sept enfants, Bernard Savoie et Solange Charron ont offert plusieurs heures de leur temps dans une multitude de regroupements.

"À une certaine époque, on faisait encore des visites à domicile. La majorité des accouchements dont j'ai été responsable se sont déroulés dans des maisons privées. Je me suis occupé de plusieurs cas dans ma carrière, dont des lacérations et autres blessures causées par des accidents de la route. Comme on n'avait pas d'ambulances dans ce temps-là, les situations d'urgence ne se géraient pas de la même façon. À cause de sa formation, ma femme m'a donné un grand coup de main, entre autres avec les instruments de chirurgie et d'obstétrique", précise le Dr Savoie.

Ayant pris sa retraite en 1997, ce dernier vit aujourd'hui à Dieppe et s'occupe de son épouse atteinte de la maladie de Parkinson. Suivant les traces familiales, leur fille Louise, aînée de la famille, travaille comme infirmière dans cette même région. Avec une vie bien remplie, Bernard Savoie s'explique encore mal comment il a pu coordonner travail, famille et activités communautaires dans son horaire. Il a même été le fondateur de la fanfare de Saint-Quentin en 1958 et a lancé une autobiographie en 2003 intitulé "J'ai souvenance".

"J'ai aussi présidé la Chambre de commerce de Saint-Quentin et les fêtes du cinquantenaire de Saint-Quentin en 1960. Je ne sais pas comment j'ai réussi à faire tous mes projets. Il faut dire que deux ou trois heures de sommeil par nuit étaient suffisantes pour moi. Même si j'ai hésité à accepter cet honneur, ça me touche vraiment de le recevoir et je serai là pour ma célébration prévue le 9 mai à Saint-Quentin. Je trouvais drôle qu'on ait pensé à moi, car j'ai quitté Saint-Quentin il y a déjà neuf ans", conclut Bernard Savoie.

 

Disabled

Commenting has been disabled for this item. Existing comments appear below but you may not add a new comment at this time.
Publicité
Publicité

Recherche